🧡 200 km à vélo, sans entraînement ni caméra : le récit authentique de Gwenola
À l’ère du tout-image et des exploits filmés publiés sur les réseaux sociaux, Gwenola a choisi l’écrit pour raconter son 200 km à vélo, réalisé sans entraînement intensif. Son récit, sans artifice, célèbre l’authenticité et le courage de se lancer, loin des applaudissements virtuels. Une preuve que la vraie aventure se vit d’abord, et se partage ensuite — avec humilité et humanité.
Vendredi 20 mars, je vois que le BRM 200 de gillonnay prévu le 14/3 a été annulé du fait de la météo très mauvaise, et qu'il est reporté au samedi 21/3. Je télécharge donc le parcours et pars en voiture faire la reconnaissance, pour être sûre de ne pas avoir de mauvaises surprises (genre côtes à 15% ). Bref le parcours me semble difficile mais faisable. Donc à 17h la veille au soir je m'inscris sur helloasso et je prépare mes affaires du coup à la dernière minute, j'appelle le président du club pour confirmation du lieu de rendez-vous de demain matin, et là, il me dit que les inscriptions sont clôturées à midi. Surprise, je lui dit que mon inscription a été encaissée par le site... Du coup c'est bon! Ouf!
Samedi matin, 6h30 à Gillonnay, je prends ma carte de pointage et la feuille de route. Je m'aperçois que ce n'est pas du tout le parcours que j'ai téléchargé ni effectué hier ( apparemment je ne suis pas la seule) . Bref, je me fais aider par un monsieur qui me guide sur le site et j'ai enfin le bon trajet ! Je suis prête !!
Je croise notre ami Marc de nivolas cyclo aussi, qui vient juste de s'inscrire sur place. Et c'est parti pour 200 km!!
Marc et moi partons ensemble parmi les derniers pour laisser les plus pressés devant. Finalement, avec les pause-pipis des uns et des autres, les arrêts encas des groupes de clubs, on en doublera plusieurs et on se fera doubler en retour.
Les 90 premiers km se passent bien car beaucoup de plats et que des petites côtes. Le temps est superbement ensoleillé et peu de vent. On arrive au 1er point de contrôle avec une moyenne de 20 km/ h environ.
14h30 on s'arrête dans un bar pour ma 1ère pause-pipi car je n'ai trouvé nulle part où m'arrêter ( et oui compliqué quand on est une fille !) on se prend un coca chacun ( qu'est-ce que ça fait du bien! ) on ne traine pas trop car la fin va être rude et je perd toujours beaucoup de temps dans les côtes.
Les 40 derniers kilomètres se gâtent : que des longues côtes de plusieurs km suivies de courtes descentes. La vitesse moyenne chute à vitesse grand V. Les dessus de cuisses commencent à brûler ! On n'a plus d'eau dans nos gourdes. Marc s'arrête auprès d'un cimetière, le contourne sur la gauche par une côte. Moi je préfère éviter la côte alors je continue tout droit et sur la droite un peu plus loin, j'entends des gens discuter dans leur jardin. J'acoste le monsieur et lui demande de l'eau pour ma gourde. Il me répond en souriant " non ici on a que de l'alcool !" Et finalement il part et revient avec ma gourde remplie d'eau bien fraîche. Marc de son côté a aussi rempli sa gourde et on repart sur la montée qui n'en finit pas.
Un peu plus tard dans cette interminable côte ( ou la 2eme ou la 3eme après, je ne sais plus très bien la fatigue commence a m'empêcher de réfléchir ), je me fait doubler plusieurs fois, Marc est très loin devant, je ne le vois plus, je n'en peux plus, les cuisses me brûlent j'ai mal aux fesses je n'ai plus d'énergie... Stop, je m'arrête !! Je sors de mon sac un bout de sandwich. Je m'aperçois que j'avais préparé un bon sandwich coupé en 4, mais que j'ai parcouru les 3/4 du parcours et il me reste encore 3 parts de sandwich: mince j'ai mal géré mes apports !!! Je me suis surtout concentré sur le fait que je devais boire et me voilà avec un coup de mou! Donc je mange, je bois, je marche pour raviver la circulation dans les zones engourdies et je repars.
Un peu plus tard je retrouve Marc qui m'attendait, à ma grande surprise ! Du coup je m'en suis voulu d'avoir fait une pause, persuadée qu'il allait poursuivre son chemin pour rentrer le plus vite possible. Je lui ai dit que j'avais dû faire une pause. Il m'a répondu : "t'as bien fait" ( trop gentil! Il n'a même pas râlé).
Maintenant je sais qu'il ne va pas me laisser tomber donc je me dois de prendre sur moi et passer outre les douleurs car il n'est pas question que Marc soit hors timing par ma faute!
Plus on approche de la fin, plus c'est difficile. On a des longs faux plats montants sur plusieurs km. J'en ai marre! Marc ne dit jamais rien, ça a l'air d'être facile pour lui, il a l'air en mode vitesse de croisière.
Environ 4 km avant la Côte Saint André, j'entends Marc dire qu'il a mal aux fesses. Ah, enfin!...
Et finalement, nous arrivons à la tombée de la nuit. Après 11h50 de pédalage et 206 km plus tard, nous avons droit à une bonne collation offerte par le club de Gillonnay.
Merci à eux pour l'organisation ! Et merci à mon binôme !